
Devant une douleur du genou ou de la hanche, la question de l'imagerie revient presque toujours en consultation. Beaucoup de patients s'étonnent qu'une IRM ne soit pas demandée d'emblée, ou au contraire qu'une radiographie soit prescrite alors qu'un examen récent existe déjà. Ces examens ne sont pas interchangeables : chacun montre des structures différentes et répond à une question précise, posée après l'examen clinique.
L'imagerie ne remplace pas l'interrogatoire et l'examen physique, elle les complète. La localisation exacte de la douleur, son ancienneté, les circonstances de survenue, la présence d'un blocage ou d'une sensation d'instabilité, la distance de marche possible : ces éléments orientent déjà fortement le diagnostic et déterminent quel examen sera réellement utile.
Cette étape évite aussi une difficulté fréquente : les images montrent souvent des anomalies qui n'expliquent pas la douleur ressentie. Des remaniements liés à l'âge sont couramment visibles chez des personnes qui ne souffrent pas. Une image ne prend son sens qu'en regard de ce que le patient décrit et de ce que l'examen retrouve.
C'est l'examen demandé le plus souvent en premier pour le genou et la hanche. Elle analyse l'os et l'espace situé entre les surfaces articulaires, dont le pincement témoigne de l'usure du cartilage. Elle met en évidence une fracture, une déformation, ou l'état d'une prothèse en place.
Un point technique a son importance : pour le genou et la hanche, les clichés sont réalisés en appui, c'est-à-dire debout. Une radiographie faite allongée sous-estime le pincement articulaire et peut donner une image rassurante à tort. Des clichés complémentaires, comme une vue de la rotule ou une mesure de l'axe du membre, sont parfois ajoutés selon la situation.
L'échographie explore les tendons, les bourses séreuses et les collections de liquide superficielles. Elle est utile devant une douleur située sur le côté de la hanche, devant une tuméfaction de l'arrière du genou, ou pour guider un geste. Elle présente l'avantage d'être non irradiante et de permettre un examen en mouvement. En revanche, elle n'analyse ni l'os ni l'intérieur profond de l'articulation, et son interprétation dépend largement de l'opérateur.
L'IRM utilise un champ magnétique, sans rayons X. Elle montre les tissus mous : ménisques, ligaments croisés, cartilage, tendons, ainsi que l'œdème à l'intérieur de l'os, qui traduit une souffrance osseuse invisible sur une radiographie. Elle est demandée lorsqu'une lésion de ces structures est suspectée, ou lorsque les symptômes ne s'expliquent pas par les clichés standards.
Ce n'est pas pour autant l'examen le plus complet dans toutes les situations. Devant une arthrose déjà visible sur une radiographie en appui, l'IRM modifie rarement la prise en charge. Sa réalisation demande de rester immobile une vingtaine de minutes dans un tunnel, ce qui peut être inconfortable, et certains dispositifs médicaux implantés imposent des précautions à signaler au moment de la prise de rendez-vous.
Le scanner, ou tomodensitométrie, reconstruit l'os en coupes et en trois dimensions. Il est particulièrement adapté à l'analyse d'une fracture complexe, à la mesure précise des rotations du membre inférieur, ou à l'évaluation de la position d'implants. En chirurgie assistée par navigation, il sert également à construire le modèle tridimensionnel utilisé pour la planification préopératoire. Il utilise des rayons X, ce qui justifie de le réserver aux questions auxquelles les autres examens ne répondent pas.
Les comptes rendus seuls ne suffisent généralement pas : ce sont les images qui sont analysées en consultation. Il est donc préférable d'apporter les clichés eux-mêmes, sur CD, sur clé ou via le lien de téléchargement fourni par le centre de radiologie, accompagnés des comptes rendus et des examens antérieurs. Disposer d'examens plus anciens a une réelle valeur : la comparaison dans le temps renseigne sur le rythme d'évolution, information qu'aucune image isolée ne donne.
Le choix de l'examen découle de la question posée après l'examen clinique, et non l'inverse. À Amiens, une consultation de chirurgie orthopédique permet de faire le point sur une douleur du genou ou de la hanche, de déterminer quels examens sont réellement utiles et d'en interpréter les résultats avec le médecin traitant.
Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas une consultation médicale. Chaque situation est particulière : seul un examen clinique permet de poser un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée.