
« J'ai mal à la hanche » : cette phrase recouvre en réalité des situations très différentes. La douleur perçue dans la fesse, l'aine ou la cuisse peut provenir de l'articulation de la hanche elle-même, mais aussi du bas du dos, lorsqu'une racine nerveuse est irritée. Les deux origines coexistent d'ailleurs fréquemment après un certain âge. Voici quelques repères pour comprendre comment cette distinction se fait en consultation.
L'articulation de la hanche est profonde : elle unit le bassin au fémur, sous une épaisse couche musculaire. Lorsqu'elle est usée, comme dans la coxarthrose, la douleur ne se ressent pas forcément à l'endroit exact de l'articulation. À l'inverse, le nerf sciatique naît de racines nerveuses situées dans le bas du dos et parcourt la fesse puis la face postérieure de la cuisse. Une irritation de ces racines, souvent liée à une hernie discale ou à une arthrose de la colonne, peut donc se manifester très loin de son point de départ. C'est cette projection de la douleur qui explique la confusion fréquente entre les deux.
La description précise de la douleur constitue déjà une orientation utile. Quelques tendances sont classiquement décrites :
Ces repères ne sont que des tendances : ils ne remplacent en aucun cas un examen clinique, car des présentations atypiques existent.
Certaines difficultés concrètes sont évocatrices d'une atteinte de la hanche, parce qu'elles mobilisent l'articulation dans les amplitudes qu'elle perd en premier : enfiler ses chaussettes, couper ses ongles de pied, monter dans une voiture, croiser les jambes. Une raideur progressive, une gêne pour tourner la jambe vers l'intérieur ou une boiterie qui s'installe orientent également dans ce sens. À l'inverse, une douleur qui varie fortement selon la position du dos, qui oblige à s'arrêter après quelques centaines de mètres puis cède en se penchant en avant, fait davantage évoquer une origine rachidienne.
La consultation permet de mobiliser passivement la hanche pour apprécier ses amplitudes et repérer les mouvements douloureux, d'examiner le rachis lombaire, de tester la force musculaire, la sensibilité et les réflexes. Cette étape est déterminante, car c'est elle qui permet de relier — ou non — la douleur décrite par le patient aux structures examinées. Il arrive que les deux origines soient présentes simultanément ; l'examen aide alors à déterminer laquelle domine et explique le mieux la gêne actuelle.
La radiographie du bassin et des hanches reste l'examen de première intention pour évaluer l'articulation et rechercher des signes d'arthrose. Lorsqu'une origine nerveuse est suspectée, l'exploration du rachis lombaire fait plutôt appel à d'autres examens, comme l'IRM. Le choix et la chronologie de ces examens dépendent de l'orientation clinique : ils viennent confirmer une hypothèse construite lors de l'examen, et non l'inverse. Il n'est pas rare qu'une image d'arthrose de hanche coexiste avec des anomalies lombaires sans que les deux soient également responsables des symptômes, ce qui justifie de ne pas s'appuyer sur la seule imagerie.
Devant une douleur persistante de la fesse, de l'aine ou de la cuisse, une consultation permet de préciser son origine et d'orienter la prise en charge vers l'interlocuteur adapté. À Amiens, un chirurgien orthopédiste peut réaliser cet examen, interpréter l'imagerie disponible et expliquer les suites envisageables, en lien avec le médecin traitant.
Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas une consultation médicale. Chaque situation est particulière : seul un examen clinique permet de poser un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée.