
Toutes les arthroses du genou ne conduisent pas à une prothèse. Lorsque l'usure ne concerne qu'un seul compartiment de l'articulation et qu'elle est liée à un défaut d'axe de la jambe, une intervention appelée ostéotomie peut se discuter. Son principe est différent : plutôt que de remplacer l'articulation, elle en modifie les appuis. Voici quelques repères pour comprendre cette option.
Vu de face, le membre inférieur suit un axe qui répartit le poids du corps entre le compartiment interne et le compartiment externe du genou. Certaines personnes ont des jambes dites arquées (genu varum) : l'appui se concentre alors sur la partie interne. D'autres présentent l'orientation inverse (genu valgum), avec une surcharge du côté externe. Cette répartition inégale peut, au fil des années, user le cartilage du côté le plus sollicité, alors que le reste de l'articulation demeure en bon état.
L'ostéotomie consiste à sectionner l'os de manière contrôlée, le plus souvent au niveau du haut du tibia, puis à modifier légèrement son orientation avant de le stabiliser par une plaque et des vis. L'objectif est de déplacer une partie des contraintes vers le compartiment resté sain. Le cartilage abîmé ne se reconstitue pas, mais il est moins sollicité, ce qui peut réduire les douleurs et retarder l'évolution. La correction est calculée avant l'intervention à partir de radiographies mesurant précisément l'axe du membre.
L'ostéotomie est envisagée dans des situations assez précises. Les éléments que le chirurgien prend en compte comprennent notamment :
À l'inverse, une arthrose déjà étendue à plusieurs compartiments oriente plutôt vers d'autres solutions, comme la prothèse partielle ou totale. Chaque dossier est examiné individuellement : il n'existe pas de règle unique applicable à tous.
L'ostéotomie suppose une consolidation osseuse, qui prend plusieurs semaines. L'appui est donc encadré au début, souvent avec des cannes, selon les consignes données par le chirurgien. La rééducation débute rapidement pour entretenir la mobilité et le tonus musculaire. La reprise des activités se fait par paliers, guidée par le contrôle radiographique de la consolidation plutôt que par un délai fixé à l'avance. Comme toute chirurgie, cette intervention comporte des risques, qui sont expliqués en consultation avant toute décision.
Ces deux interventions ne répondent pas à la même situation. L'ostéotomie conserve l'articulation naturelle et s'adresse à une arthrose localisée chez un patient actif ; elle n'empêche pas la mise en place ultérieure d'une prothèse si l'arthrose progresse avec le temps. La prothèse, partielle ou totale, s'envisage lorsque l'usure est plus avancée ou plus étendue. Le choix repose sur l'examen clinique, le bilan d'imagerie, l'âge, le niveau d'activité et les attentes de chacun.
Face à une douleur persistante d'un seul côté du genou, notamment lorsqu'elle s'accompagne d'une déformation de l'axe de la jambe, une consultation spécialisée permet de mesurer cet axe, de préciser l'étendue de l'arthrose et d'exposer les options possibles. À Amiens, ce bilan sert de base à une décision prise avec le patient, en fonction de sa situation.
Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas une consultation médicale. Chaque situation est particulière : seul un examen clinique permet de poser un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée.