
La prothèse totale du genou fait partie des interventions les plus souvent évoquées face à une arthrose évoluée. Elle suscite autant d'attentes que d'interrogations. Comprendre dans quelles situations elle est discutée, ce qu'elle remplace réellement et comment s'organisent les suites permet d'aborder la consultation avec des repères clairs.
Contrairement à ce que le terme laisse parfois imaginer, l'articulation n'est pas retirée. L'intervention consiste à remplacer les surfaces articulaires usées par des implants qui reproduisent leur forme : une pièce métallique recouvre l'extrémité inférieure du fémur, une seconde l'extrémité supérieure du tibia, et un insert en polyéthylène s'intercale entre les deux pour permettre le glissement. La rotule peut être resurfacée selon les cas.
Seuls quelques millimètres d'os et de cartilage abîmé sont retirés. Les ligaments et les muscles qui entourent le genou sont conservés autant que possible, car ils participent à la stabilité et au contrôle du mouvement après l'intervention.
L'indication repose rarement sur une seule donnée. Elle se construit à partir d'un faisceau d'éléments :
L'aspect des radiographies ne décide pas à lui seul : une usure importante peut rester peu gênante, tandis qu'une atteinte plus modérée peut fortement limiter le quotidien. La gêne ressentie et les attentes de la personne comptent autant que l'imagerie. Lorsque l'usure ne concerne qu'une partie du genou, d'autres options peuvent être examinées, comme une prothèse partielle ou une ostéotomie.
Une consultation d'anesthésie est systématique. Un bilan est réalisé afin de rechercher d'éventuels foyers infectieux, notamment dentaires ou urinaires, et de faire le point sur les traitements en cours. La planification de l'intervention s'appuie sur des radiographies, parfois complétées par un scanner selon la technique retenue, certaines approches faisant appel à une planification tridimensionnelle ou à une assistance par navigation.
Cette période est aussi le moment d'anticiper le retour à domicile : organisation du logement, aides éventuelles, mode de rééducation envisagé. Une préparation musculaire avec un kinésithérapeute avant l'intervention est souvent proposée.
L'intervention se déroule sous anesthésie générale ou loco-régionale, selon la discussion menée avec l'anesthésiste. La durée d'hospitalisation varie habituellement de quelques jours, mais elle dépend de l'âge, du contexte médical et de l'organisation du retour à domicile.
Le lever se fait généralement de façon précoce, dans les heures qui suivent l'intervention, avec l'aide d'un soignant puis d'un kinésithérapeute. La marche s'effectue d'abord avec deux cannes. Un traitement contre la douleur et une prévention du risque de phlébite sont mis en place pendant cette période.
La rééducation constitue une part essentielle du résultat. Elle vise à retrouver progressivement les amplitudes de flexion et d'extension, à renforcer le quadriceps et à reprendre une marche stable. Selon les situations, elle se poursuit en centre ou en cabinet de kinésithérapie, à un rythme défini avec l'équipe soignante.
Les délais sont variables d'une personne à l'autre. Un gonflement et une sensation de chaleur du genou persistent fréquemment plusieurs semaines, et l'amélioration se poursuit habituellement sur plusieurs mois. Comme toute chirurgie, la pose d'une prothèse comporte des risques — infection, phlébite, raideur, douleurs persistantes — qui sont expliqués en consultation avant toute décision. Un suivi régulier est ensuite mis en place pour contrôler l'implant dans le temps.
Une douleur de genou qui limite la marche malgré un traitement médical suivi mérite un examen spécialisé, afin d'évaluer l'étendue de l'usure et d'exposer l'ensemble des options, chirurgicales ou non. À Amiens, une consultation de chirurgie orthopédique permet de confronter les symptômes à l'imagerie et de construire une décision adaptée à votre situation, en lien avec le médecin traitant et le kinésithérapeute.
Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas une consultation médicale. Chaque situation est particulière : seul un examen clinique permet de poser un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée.