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Infiltration genou et hanche : indications, limites, risques

L’article explique ce qu’est une infiltration du genou ou de la hanche, son déroulement pratique et les principaux produits utilisés, comme les corticoïdes et l’acide hyaluronique. Il détaille les bénéfices attendus sur la douleur et la mobilité, les limites du traitement, les risques possibles et les contre-indications. Il aide à situer la place des infiltrations par rapport à la chirurgie, en fonction du stade de l’arthrose et de l’impact sur la vie quotidienne.
Infiltration genou et hanche : indications, limites, risques
Date de publication:
February 24, 2026

Infiltrations du genou et de la hanche : une alternative à la chirurgie ?

L’infiltration est un traitement local qui consiste à injecter un médicament directement dans une articulation douloureuse, comme le genou ou la hanche. Pour beaucoup de patients, notamment en cas d’arthrose, la question se pose rapidement : l’infiltration du genou peut‑elle éviter ou retarder une opération, voire la pose d’une prothèse ? Comprendre le rôle exact de ces injections, leurs bénéfices et leurs limites permet de faire un choix éclairé, en lien avec votre chirurgien orthopédiste ou votre rhumatologue.

En quoi consiste une infiltration du genou ou de la hanche ?

L’infiltration de genou ou de hanche est réalisée en milieu médical, le plus souvent en consultation spécialisée ou en radiologie. Après désinfection soigneuse de la peau, le médecin introduit une aiguille dans l’articulation pour y injecter un ou plusieurs médicaments. Selon le cas, le geste peut être fait « à l’aveugle » (sur des repères anatomiques) ou guidé par échographie ou radiographie pour plus de précision, en particulier pour la hanche qui est plus profonde.

Le but principal est de diminuer la douleur et l’inflammation locales. Contrairement à un comprimé ou à un anti‑inflammatoire pris par voie orale, le médicament agit directement là où se situe le problème, ce qui permet parfois d’utiliser des doses plus faibles et de limiter certains effets secondaires généraux.

Il ne s’agit pas d’un geste chirurgical au sens classique : il ne nécessite généralement pas d’anesthésie générale, dure quelques minutes et vous pouvez repartir le jour même, en respectant des consignes simples de repos relatif.

Arthrose et infiltration du genou : dans quels cas est‑ce indiqué ?

L’infiltration genou arthrose est l’une des demandes les plus fréquentes en consultation d’orthopédie. L’arthrose correspond à l’usure progressive du cartilage qui recouvre les surfaces articulaires. Au genou comme à la hanche, elle entraîne raideur, douleur à la marche, difficulté à monter ou descendre les escaliers, parfois gonflement ou blocages.

L’infiltration peut être proposée dans plusieurs situations. Elle est souvent indiquée lorsque les douleurs persistent malgré les mesures de base : adaptation des activités, perte de poids si nécessaire, kinésithérapie, port d’orthèses ou de semelles, et traitements médicamenteux simples. Elle peut aider à passer un « cap douloureux » lors d’une poussée inflammatoire d’arthrose, quand le genou est particulièrement gonflé et sensible. Elle peut aussi être envisagée lorsque la chirurgie n’est pas souhaitée, pas encore indiquée, ou doit être retardée pour des raisons médicales ou personnelles.

En revanche, elle n’est pas adaptée à toutes les arthroses. Dans les formes très avancées avec destruction massive du cartilage, déformations importantes de l’articulation et douleurs permanentes, le bénéfice peut être limité dans le temps. Dans ces situations, une discussion autour du remplacement du genou par prothèse devient souvent nécessaire, comme décrit de manière détaillée sur cette page de référence :

Quels produits sont utilisés lors d’une infiltration ?

Plusieurs types de produits peuvent être injectés dans un genou ou une hanche, en fonction du diagnostic, de l’intensité des symptômes et des antécédents du patient. Les plus fréquents sont les corticoïdes et l’acide hyaluronique.

Les infiltrations de corticoïdes sont les plus anciennes et les plus courantes. Les corticoïdes sont de puissants anti‑inflammatoires qui agissent rapidement sur la douleur, en particulier lorsqu’il existe une composante inflammatoire marquée, avec articulation chaude, gonflée, douloureuse au moindre mouvement. L’effet calmant peut apparaître en quelques jours et durer de quelques semaines à plusieurs mois selon les cas.

Les infiltrations d’acide hyaluronique, parfois appelées « viscosupplémentation », visent à améliorer la qualité du liquide articulaire et la lubrification de l’articulation. L’acide hyaluronique est une substance naturellement présente dans le cartilage et le liquide synovial. Injecté dans une articulation arthrosique, il peut réduire la douleur et améliorer la mobilité sur une durée plus longue chez certains patients, notamment dans les arthroses modérées.

Dans des situations spécifiques, d’autres produits peuvent être discutés (par exemple des dérivés de plasma riche en plaquettes, selon les centres et les recommandations en vigueur), mais leur place reste plus limitée et leur efficacité est encore en cours d’évaluation scientifique.

Déroulement pratique et suites d’une infiltration

Avant le geste, le médecin vérifie l’indication, vos traitements en cours (en particulier les anticoagulants) et l’absence de contre‑indication, comme une infection locale ou générale. Le jour de l’infiltration, vous êtes installé en position adaptée selon l’articulation traitée. La peau est désinfectée de manière rigoureuse pour réduire au maximum le risque infectieux. L’aiguille est ensuite introduite dans l’articulation pour injecter le médicament ; la douleur ressentie est le plus souvent modérée et brève, comparable à une prise de sang légèrement plus profonde.

Après le geste, une gêne transitoire peut persister quelques heures, parfois un peu plus dans le cas de l’acide hyaluronique. Il est habituellement recommandé de ménager l’articulation 24 à 48 heures, d’éviter les efforts intenses, mais une marche douce reste possible selon les consignes de votre médecin. L’amélioration peut être ressentie très rapidement avec les corticoïdes, tandis que pour l’acide hyaluronique, l’effet est souvent plus progressif sur quelques jours à semaines.

Si la douleur augmente de manière importante, si l’articulation devient rouge, très chaude, ou si de la fièvre apparaît dans les jours qui suivent, il est essentiel de consulter rapidement, car il pourrait s’agir d’une complication infectieuse, rare mais sérieuse.

Bénéfices attendus et limites des infiltrations

L’un des principaux bénéfices de l’infiltration genou ou hanche est la réduction de la douleur, permettant un meilleur confort au quotidien, une marche plus aisée et une amélioration de la qualité de vie. Ce soulagement peut aussi rendre plus efficace la rééducation : lorsque la douleur est moins intense, il est plus facile de réaliser les exercices de renforcement musculaire et d’assouplissement, essentiels pour la stabilité et la fonction de l’articulation.

Les infiltrations peuvent également jouer un rôle dans la stratégie globale de prise en charge : elles permettent parfois de retarder une intervention chirurgicale, de gagner du temps pour optimiser votre état général (perte de poids, contrôle d’une maladie chronique, préparation psychologique) ou d’attendre un moment plus favorable sur le plan personnel et professionnel.

Cependant, les infiltrations ne réparent pas le cartilage usé et ne stoppent pas l’évolution de l’arthrose. Leur effet est essentiellement symptomatique, c’est‑à‑dire centré sur la douleur et l’inflammation. La durée du bénéfice est variable : certains patients sont soulagés plusieurs mois, d’autres moins longtemps. De plus, il n’est pas souhaitable de multiplier les infiltrations à l’infini dans la même articulation, car au‑delà d’un certain nombre, le risque d’effets indésirables locaux pourrait augmenter.

Risques et précautions à connaître

Comme tout acte médical, une infiltration comporte des risques, même s’ils restent globalement peu fréquents lorsque le geste est réalisé dans de bonnes conditions d’asepsie par un praticien entraîné.

Les principaux risques à surveiller sont les suivants : une infection de l’articulation (arthrite septique), rare mais grave, qui se manifeste par une douleur intense, un gonflement important, une articulation chaude, parfois accompagnée de fièvre ; une réaction inflammatoire transitoire, parfois appelée « poussée post‑infiltration », surtout avec l’acide hyaluronique, donnant une douleur plus vive pendant un à deux jours avant l’amélioration ; des effets liés aux corticoïdes, comme une élévation passagère de la glycémie chez les personnes diabétiques, ou, en cas de répétition trop fréquente, un risque théorique d’altération de certains tissus locaux.

Certaines contre‑indications doivent être respectées, par exemple une infection en cours (cutanée ou générale), un trouble majeur de la coagulation non contrôlé, ou une allergie connue au produit utilisé. Ces éléments sont discutés en consultation avant la décision.

Infiltrations ou chirurgie : comment décider ?

La question de savoir si une infiltration peut éviter la chirurgie ne trouve pas de réponse unique valable pour tous. La décision dépend du stade de l’arthrose, de l’intensité de la douleur, de l’impact sur votre vie quotidienne, de votre âge, de vos activités et de vos attentes.

Lorsque l’arthrose est débutante ou modérée, que la radiographie montre encore des espaces articulaires préservés et que la douleur est surtout présente lors des efforts importants, les infiltrations peuvent apporter un soulagement significatif et être renouvelées à intervalles raisonnables, en association avec la kinésithérapie et l’hygiène de vie. Dans ces cas‑là, la chirurgie n’est généralement pas d’actualité à court terme.

À l’inverse, lorsque les douleurs sont permanentes, qu’elles vous réveillent la nuit, que la marche est limitée à quelques dizaines ou centaines de mètres malgré les traitements médicaux bien conduits, que les activités de base (courses, ménage, travail) deviennent très difficiles, il est possible que la meilleure option à moyen terme soit la mise en place d’une prothèse de genou ou de hanche. Dans ce contexte, les infiltrations peuvent encore soulager momentanément, mais le geste chirurgical reste souvent la solution la plus durable pour retrouver une autonomie satisfaisante.

L’essentiel est de discuter en toute transparence avec votre spécialiste des bénéfices attendus, des limites et des alternatives. L’infiltration n’est ni une solution miracle, ni un geste anodin, mais un outil précieux, intégré à une prise en charge globale et personnalisée, visant à réduire la douleur, à maintenir votre mobilité et à vous accompagner au mieux dans l’évolution de votre arthrose.

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