
La pose d'une prothèse de hanche ou de genou a pour objectif de soulager la douleur et de retrouver une articulation fonctionnelle. Pour de nombreux patients, cela passe aussi par la reprise d'une activité sportive, qu'il s'agisse de marche, de vélo, de natation ou d'une pratique plus soutenue. Cette reprise est possible dans la plupart des cas, mais elle se prépare et se fait par étapes. Cet article présente les repères habituels, en rappelant que le calendrier précis dépend de chaque personne et se décide avec le chirurgien et le kinésithérapeute.
Une activité physique régulière entretient la force musculaire autour de l'articulation opérée, améliore l'équilibre et participe au contrôle du poids. Ces éléments contribuent à la stabilité de la prothèse et au confort de la marche au quotidien. L'inactivité, à l'inverse, favorise la fonte musculaire et la raideur. L'enjeu n'est donc pas d'éviter le sport, mais de choisir des activités adaptées et de respecter une progression raisonnable, le temps que les tissus cicatrisent et que l'articulation retrouve sa mobilité.
On distingue habituellement plusieurs phases, dont la durée varie selon le type de prothèse, la voie d'abord, l'état musculaire avant l'opération et l'évolution de la cicatrisation :
Ces repères sont indicatifs. Une visite de contrôle avec examen clinique et radiographie permet au chirurgien de valider le passage d'une étape à la suivante.
Les disciplines dites « portées » ou à faible impact sont généralement les mieux tolérées, car elles sollicitent l'articulation sans la soumettre à des chocs répétés :
Certaines pratiques exposent l'articulation à des impacts importants, à des torsions ou à un risque de chute. Elles ne sont pas forcément interdites, mais elles méritent une discussion au cas par cas, en tenant compte du niveau de pratique antérieur, de la qualité osseuse et du type de prothèse. Il s'agit notamment de la course à pied sur longues distances, des sports de contact, des sports de pivot comme le football ou les sports de raquette intensifs, du ski alpin hors piste ou de l'équitation. Pour un sportif expérimenté, une reprise encadrée peut parfois être envisagée, alors qu'une découverte de ces disciplines après l'opération est en général déconseillée. L'objectif est de limiter l'usure prématurée des composants et les risques de complication, sans renoncer à une vie active.
Une gêne modérée après une séance, qui disparaît en quelques heures, est fréquente lors de la reprise. En revanche, certains signes justifient de réduire l'activité et de prendre un avis médical : une douleur qui persiste plus de vingt-quatre à quarante-huit heures, un gonflement important, une sensation d'instabilité ou de dérobement, une chaleur ou une rougeur sur la cicatrice, ou l'apparition d'une boiterie nouvelle. Il est préférable de consulter que d'attendre que la situation s'aggrave.
La reprise du sport après une prothèse fait partie des sujets abordés lors des consultations de suivi. À Amiens, le chirurgien orthopédiste peut évaluer l'état de l'articulation, vérifier la prothèse sur les radiographies de contrôle et proposer, avec le kinésithérapeute et le médecin traitant, un programme de reprise adapté aux objectifs et au mode de vie de chaque patient.
Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas une consultation médicale. Chaque situation est particulière : seul un examen clinique permet de poser un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée.