
L'ostéonécrose de la tête fémorale, parfois appelée nécrose aseptique de la hanche, est une affection dans laquelle une partie de l'os de la tête du fémur ne reçoit plus suffisamment de sang. Privée de cet apport, la zone osseuse concernée s'affaiblit progressivement. Elle touche le plus souvent l'adulte entre 30 et 60 ans et peut concerner les deux hanches. Cet article présente les principaux éléments à connaître, de l'origine de la maladie aux différentes options de prise en charge.
La tête du fémur est la partie arrondie de l'os de la cuisse qui s'emboîte dans le bassin. Sa vascularisation dépend de petits vaisseaux, ce qui la rend sensible à toute interruption de l'apport sanguin. Lorsque cet apport diminue, les cellules osseuses d'une zone de la tête fémorale meurent. L'os reste d'abord en place, mais il perd peu à peu sa solidité. Avec le temps, la zone fragilisée peut s'affaisser : la tête fémorale perd alors sa forme sphérique, ce qui abîme le cartilage et peut conduire à une arthrose secondaire de la hanche.
Dans certains cas, aucune cause précise n'est retrouvée. Plusieurs facteurs sont toutefois connus pour favoriser l'ostéonécrose :
Identifier ces facteurs est utile, à la fois pour comprendre l'origine de l'atteinte et pour surveiller l'autre hanche.
Au début, l'ostéonécrose peut ne donner aucun symptôme et être découverte à l'occasion d'un examen réalisé pour une autre raison. Lorsqu'elle se manifeste, il s'agit le plus souvent d'une douleur au pli de l'aine, parfois ressentie dans la fesse, la cuisse ou jusqu'au genou. Cette douleur apparaît d'abord à la marche ou à l'appui, puis peut devenir présente au repos ou la nuit. Une boiterie et une diminution de la mobilité de la hanche, notamment en rotation, peuvent s'installer à mesure que l'atteinte évolue. Une douleur de hanche qui persiste, en particulier chez une personne présentant un des facteurs cités, mérite un avis médical.
Le diagnostic repose sur l'examen clinique complété par l'imagerie. La radiographie de la hanche peut être normale au stade initial ; elle permet surtout d'apprécier un éventuel affaissement de la tête fémorale aux stades plus avancés. L'IRM est l'examen de référence pour détecter une ostéonécrose précoce, mesurer l'étendue de la zone atteinte et examiner la hanche opposée. Ces éléments permettent de classer l'atteinte en stades, ce qui oriente les décisions de prise en charge.
Le choix du traitement dépend du stade, de l'étendue de la lésion, de l'âge, des symptômes et des activités de chaque patient :
Une surveillance régulière, clinique et par imagerie, est en général organisée afin d'adapter la prise en charge à l'évolution.
En cas de douleur persistante de la hanche ou d'une ostéonécrose découverte à l'imagerie, une consultation avec un chirurgien orthopédiste permet de faire le point sur le stade de l'atteinte et sur les options adaptées. À Amiens, cette évaluation s'appuie sur l'examen clinique, la lecture des radiographies et de l'IRM, et se fait en lien avec le médecin traitant pour prendre en compte l'ensemble de la situation médicale.
Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas une consultation médicale. Chaque situation est particulière : seul un examen clinique permet de poser un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée.