Chirurgie de la hanche & Prothèses

Fracture du col du fémur : comprendre la prise en charge et les suites

La fracture du col du fémur touche surtout les personnes âgées, souvent après une simple chute. Comprendre où elle se situe, pourquoi elle est presque toujours opérée et comment se déroulent les suites aide les patients et leurs proches à traverser cette étape.
Illustration schématique de la hanche montrant le col du fémur, zone fréquente de fracture chez la personne âgée
Date de publication:
29 septembre 2026

La fracture du col du fémur est l'une des fractures les plus fréquentes chez la personne âgée. Elle survient le plus souvent après une chute de sa hauteur, parfois banale en apparence, sur un os fragilisé par l'ostéoporose. Elle constitue une urgence orthopédique car elle empêche la marche et expose, en l'absence de traitement, à des complications liées à l'immobilisation. Cet article explique où se situe cette fracture, comment elle est diagnostiquée, pourquoi la chirurgie est presque toujours proposée et à quoi s'attendre dans les semaines qui suivent.

Où se situe le col du fémur

Le fémur est l'os de la cuisse. Son extrémité supérieure se termine par une sphère, la tête fémorale, qui s'emboîte dans le bassin pour former la hanche. Entre la tête et le corps de l'os se trouve une portion plus étroite, le col du fémur. C'est cette zone qui se rompt dans la fracture du col. On distingue habituellement les fractures situées dans la partie haute du col, proches de la tête, et celles situées plus bas, au niveau de la région appelée trochantérienne. Cette localisation influence le choix du traitement, car la vascularisation de la tête fémorale dépend de vaisseaux qui longent le col et peuvent être lésés par le trait de fracture.

Comment la fracture se manifeste

Le tableau est en général assez évocateur : après une chute, la personne ressent une douleur vive à l'aine ou à la hanche, ne parvient plus à se relever ni à prendre appui sur la jambe. Le membre inférieur apparaît souvent raccourci et tourné vers l'extérieur, le pied reposant sur son bord externe. Dans certaines fractures peu déplacées, la marche reste possible avec une douleur modérée, ce qui peut retarder le diagnostic. Une douleur de hanche persistante après une chute, même si la personne parvient à marcher, justifie donc un avis médical rapide.

Le diagnostic repose sur la radiographie du bassin et de la hanche. Lorsque la radiographie ne montre pas de fracture évidente malgré une forte suspicion clinique, un scanner ou une IRM peut être demandé pour rechercher une fracture dite occulte.

Pourquoi la chirurgie est presque toujours proposée

Contrairement à d'autres fractures qui peuvent consolider dans un plâtre, la fracture du col du fémur est rarement traitée sans opération. Une immobilisation prolongée au lit chez une personne âgée expose à des complications sérieuses : phlébite, encombrement des bronches, escarres, perte d'autonomie. L'objectif de l'intervention est de permettre une remise debout et une reprise de la marche le plus tôt possible, en général dans les 48 heures qui suivent l'admission lorsque l'état général le permet.

Deux grandes options existent, choisies selon le type de fracture, l'âge et le niveau d'activité de la personne :

  • l'ostéosynthèse, qui consiste à fixer la fracture avec des vis, une plaque ou un clou pour laisser l'os consolider. Elle est plutôt réservée aux fractures peu déplacées ou aux patients plus jeunes, chez qui la conservation de la tête fémorale est privilégiée ;
  • la prothèse de hanche, qui remplace la tête fémorale fracturée, soit par une prothèse dite intermédiaire, soit par une prothèse totale remplaçant également la partie du bassin. Elle est souvent proposée dans les fractures déplacées du col chez la personne âgée, car elle autorise un appui immédiat et évite le risque de nécrose de la tête fémorale.

Le chirurgien explique la solution retenue et ses raisons au patient et à ses proches avant l'intervention.

Les suites immédiates et la rééducation

La remise debout est encouragée dès le lendemain de l'intervention, avec l'aide des kinésithérapeutes et un appui adapté selon le geste réalisé. Les premiers jours sont consacrés à la gestion de la douleur, à la prévention de la phlébite par un traitement anticoagulant et à la reprise progressive des transferts et de la marche avec un déambulateur ou des cannes.

La durée de l'hospitalisation varie selon l'état général et l'autonomie antérieure. Le retour direct à domicile est possible lorsque l'entourage et le logement le permettent. Dans d'autres situations, un séjour en service de soins de réadaptation est organisé pour poursuivre la rééducation dans un cadre encadré. La récupération de la marche s'étale en général sur plusieurs semaines à quelques mois, et retrouver le niveau d'autonomie antérieur demande souvent du temps et de la régularité dans les exercices.

Prévenir une nouvelle fracture

Une fracture du col du fémur après une chute de faible énergie est fréquemment le signe d'une ostéoporose. Un bilan de la solidité osseuse, par une ostéodensitométrie, et la mise en place d'un traitement adapté sont habituellement proposés en lien avec le médecin traitant. La prévention des chutes fait également partie de la prise en charge : révision de la vue, adaptation des traitements qui peuvent donner des vertiges, aménagement du domicile, chaussage stable et maintien d'une activité physique régulière pour entretenir la force musculaire et l'équilibre.

Consulter à Amiens

La fracture du col du fémur est prise en charge en urgence, le plus souvent via les services d'urgences hospitaliers. Le suivi après l'intervention, la surveillance de la consolidation ou de la prothèse et les questions sur la reprise des activités relèvent ensuite de la consultation de chirurgie orthopédique. À Amiens, cette consultation permet de faire le point sur la récupération, en coordination avec le kinésithérapeute, le médecin traitant et, si besoin, le rhumatologue pour le bilan osseux.

Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas une consultation médicale. Chaque situation est particulière : seul un examen clinique permet de poser un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée.

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